Conique or not conique

Les flûtes traversières nécessitent un rétrécissement du diamètre intérieur (la perce) qui a pour effet d’élargir l’intervalle entre les modes de résonance. Ceci permet de compenser :

  • l’augmentation de hauteur des notes du premier registre jouées fort
  • la couverture progressive du trou d’embouchure par le flûtiste dans le registre aigu
  • l’abaissement des hauteurs des notes des registres aigus lié à des trous de notes réduits

Les flûtes irlandaises en bois et les flûtes Boehm ont une perce conique, dans le corps et dans la tête respectivement. Pourquoi cette différence ?

Les flûtes irlandaises et romantiques sont bouchées directement par les doigts du flûtiste, sans l’aide de plateaux (hormis les clés supplémentaires). Il faut respecter diamètre et un écartement compatible avec les limites humaines, et l’utilisation d’un corps conique permet justement cela, en particulier pour l’intervalle problématique main droite mi-fa#.

Les flûtes Boehm ont par construction des trous de notes au diamètre important (13 mm pour une perce de 19), et leur placement est indépendant de contraintes ergonomiques d’écartement des doigts, grâce à des mécanismes de renvoi. L’emploi d’un corps de section constante offre alors plus de volume et d’homogénéité qu’un corps conique.

Au-delà d’une certaine taille, les flûtes et whistles cylindriques sans clés présentent des notes aigües trop basses, et un mi faible par rapport au ré et fa#. Le premier problème se corrige par l’ajout d’un rétrécissement de perce dans la tête, le deuxième est insoluble sans changer la perce du corps. L’inhomogénéité des notes reste néanmoins une caractéristique des instruments traditionnels, les airs ayant généralement été écrits en fonction de cela : jouer un irish tune sur flûte Boehm lui donne invariablement une couleur un peu surprenante.